Dans les coulisses d’Onde de choc


L’exposition est en cours depuis un bon moment déjà, et j’ai eu du temps pour réfléchir. Ces jours-ci, je pense à ce qui s’est passé en coulisse et qui a permis la réalisation de l’exposition. Comme Onde de choc s’intéresse à la danse, et comme j’ai fait carrière dans cette discipline, j’aime bien songer à ce qui se passe dans les coulisses. J’ai toujours été fascinée par ce qui se trame derrière les rideaux, et j’ai tiré profit de cet intérêt dans ma pratique artistique, autant comme danseuse que comme cinéaste. Chaque exposition, chaque spectacle, chaque danse (et même chaque journée) comportent leur lot d’histoires et de détails inédits. Des aspects qui demeurent privés, cachés, inconnus, revus et corrigés. Dans le cas d’Onde de choc : corps et paysages, je souhaite partager avec vous quelques histoires qui ne seraient autrement connues que par ceux et celles qui ont travaillé de près à monter l’exposition. De petits moments et mouvements qui m’ont marquée.

Installation de Close Knit, 1976, d’Aganetha Dyck, au premier plan.

Prière de ne pas pleurer sur les œuvres d’art

Durant l’installation, je ne pouvais empêcher mes yeux de s’emplir de larmes lorsque je regardais la multitude de petits chandails de laine monochromes et rétrécis de l’œuvre d’Aganetha Dyck intitulée Close Knit. La vulnérabilité de chaque chandail, qui offre un contraste avec le soutien collectif offert par le groupe, me touchait énormément. Un des techniciens de la Banque d’art, Steven Allen, m’a révélé que c’était très touchant pour lui aussi, car il devait travailler avec chaque chandail, un à la fois. Chaque vêtement possède sa propre personnalité, son histoire, son style et une présence bien à lui. Chacun d’entre eux semble singulier, important, et plein de tendresse. L’œuvre est aussi un peu triste : ce sont de minuscules chandails, vides… À qui appartenaient-ils? Où leurs propriétaires sont-ils maintenant? L’œuvre est également remplie d’espoir. J’y voyais une véritable colonne vertébrale pour l’exposition. Elle reflète l’idée des membres de la communauté de la danse (ou de toute autre communauté) qui s’appuient les uns sur les autres, qui se tiennent, sans faire de vagues; il s’en dégage une puissance, une force et une sensation d’unité. Les instructions de l’artiste pour l’installation ne précisent pas quel chandail doit aller où, alors il revient à l’installateur et à la commissaire de décider lequel s’appuie sur lequel (ou qui s’appuie sur qui). Steven a accompli cette merveilleuse tâche avec beaucoup de soin, chandail par chandail, tandis que je l’observais, en tentant de retenir mes larmes.

Steven Allen, technicien de la Banque d’art, installe l’un des chandails de l’œuvre Close Knit.

Cliquez ici pour d’autres moments inédits.

L’exposition Onde de choc : corps et paysages, présentée par le Conseil des arts du Canada, a été organisée par Jenn Goodwin. Elle peut être visitée à l’espace Âjagemô du Conseil des arts au 150, rue Elgin, à Ottawa, jusqu’au 27 janvier 2019.

À propos de l’auteure: Jenn Goodwin
Jenn Goodwin est une artiste de la danse, commissaire, productrice et cinéaste. Elle a récemment obtenu une maîtrise en études visuelles du programme d’études en conservation de l’Université de Toronto. Elle est aussi titulaire d’un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia, en danse contemporaine, avec une mineure en vidéo. Au cours des 20 dernières années, ses œuvres de danse et ses courts métrages ont été présentés dans différentes régions du Canada et ailleurs dans le monde.

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